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Les femmes remarquables

Marguerite Cottave-Berbeyer
Artiste Peintre


Marguerite Cottave-Berbeyer (1904-1991)

Marguerite Cottave-Berbeyer est née à Villard-Bonnot en 1904. Elle suit la formation  complète à l’Ecole des Arts Industriels de Grenoble de 1919 à 1925.
Elle travaille le dessin, la peinture, le cuir et l’étain repoussés, le bois en pyrogravure. Elle crée de nombreux modèles pour la publicité, des ateliers de broderie et pour les gantiers de Grenoble.
Elle vit à Lyon de 1925 à 1927 où elle travaille dans un studio de créations de modèles pour soyeux. Elle revient dans la région grenobloise où elle habitera à Lumbin puis à Eybens. Partout où elle séjourne et lors de ses promenades, elle peint les maisons, les villages, les montagnes et les gens qui l’entourent; elle est un véritable témoin de son époque.


Les Pucelles avec le tramway – 1929

Par son mariage avec le Commandant Cottave, elle se fixe à Grenoble, ville qu’elle a toujours aimée et dont elle a immortalisé en aquarelle de nombreux quartiers maintenant historiques.
Elle connaît toutes les techniques mais elle se spécialise dans une «peinture à l’eau» personnelle. Elle affectionne tout particulièrement les vieilles pierres et les fleurs.
Ensuite, elle devient une miniaturiste experte en créant des enluminures très personnalisées. En 1964, elle présente une nouvelle façon de traiter ses fleurs, ce sont «les ombres».
Marguerite expose de 1924 à 1990 dans les galeries grenobloises. Elle participe à des Salons à Grenoble, Voiron, la Côte-Saint-André, Lyon et autres villes françaises et étrangères. Elle expose ses œuvres dans sa maison «La Guitoune» à partir de 1950.
En 1958, elle crée avec des amis peintres un atelier libre où travaillent toujours plusieurs fois par semaine des amateurs. Tous les sujets sont traités, toutes les techniques sont pratiquées et des expositions ont lieu régulièrement tous les deux ans.
Elle décède le 5 novembre 1991 à l’issue d’une longue maladie. Depuis sa fille Françoise perpétue sa mémoire et fait connaître son œuvre, en particulier à travers un livre, qu’elle a édité, rendant hommage à sa mère «pour faire connaître une femme-artiste trop discrète de son vivant et qui a vécu pour son art et pour les autres» et en continuant à faire vivre l’atelier de peinture à La villa La Guitoune au 1 rue Greuze à Grenoble.

Saint-Roch – Carré 4 – 6ème rang latéral – n°723

Magdeleine, Jeanne de Gauteron – 1771/1828

Fondatrice des thermes d’Uriage

Dès 1817, les premiers bains avec l’eau d’Uriage, sont donnés, par Bernard Brun, dans la chapelle désaffectée du domaine des Alberges, (à droite sur la photo) propriété de la Chartreuse de Prémol.

Magdeleine-Jeanne de Langon épouse en 1797 le marquis Alexis-François de Gauteron de 20 ans son aîné. Le couple se partage entre son hôtel particulier de Grenoble et le Château d’Uriage.

Devenue veuve en 1821, à la tête d’une immense fortune, elle se consacre au renouveau des thermes d’Uriage. Elle autorise Bernard Brun, le «régénérateur des bains d’Uriage» à s’installer près de la source à condition que ses installations soient démontées à la fin de la saison. Ce sera le 1er établissement thermal qui fonctionnera de 1820 à 1822.

Le docteur Billerey arrive à convaincre le Baron d’Haussez, alors Préfet de l’Isère, de l’intérêt de la création d’un véritable établissement thermal.

Après maintes discussions, le Conseil Général de l’Isère lui accorde une subvention de  6 000 francs pour poursuivre les travaux et moderniser les installations.

Madame de Gauteron autorise l’exploitation de la source et l’usage des terrains, sous les conditions suivantes :

1°) que l’administration ne vende pas la source à des intérêts privés,

2°) que la route d’Uriage à Gières soit rendue carrossable,

3°) que 10 % des bains soient donnés gratuitement aux indigents,

4°) que l’eau puisse être utilisée et emportée par tous

Surgit alors un conflit entre les deux parties, que le Conseil Général règle en révoquant le docteur Billerey pour le remplacer par le docteur Bouteille, médecin personnel de Madame de Gauteron. En 1823, elle construit, à ses frais, le premier établissement thermal et en 1824, l’Ancien Hôtel, aujourd’hui Hôtel Bellevue.

Femme charitable, Madame de Gauteron s’est éteinte le 29 juillet 1828 dans son hôtel particulier, 19 quai Créqui à Grenoble.

Elle a choisi comme héritier son petit-neveu, Louis Sibeud de Saint Ferriol qui développera la station à partir de 1843 et lui donnera un essor international.

 

 

Louise Drevet – 1835/1898 – Ecrivaine

Marie-Louise Chaffanel, née àGrenoble le 19 décembre 1835, devient Louise Drevet par son mariage avec Xavier Drevet, imprimeur et éditeur.

En 1864, ils fondent, ensem-ble la revue «Le Dauphiné». C’est un hebdomadaire dont le but est de promouvoir les eaux minérales de la région, et, en attirant curistes et visiteurs, d’en accroître ainsi la postérité.

A une époque où les voyages sont devenus à la mode, la revue trouve sa place au milieu de nombreuses autres.

Elle présente des informations sur les excursions, ouvre ses colonnes à des récits d’ascensions et tient la chronique de la semaine écoulée. Louise Drevet en est la rédactrice en chef, assurant la «Une» pratiquement jusqu’à la 2000ème revue!

Passionnée par sa province, sous le pseudonyme de «Léo Ferry», elle entretient ses lecteurs avec humour, sincérité et gentillesse des faits de la vie grenobloise et décrit avec passion les scènes du passé, de la vie quotidienne de nos campagnes et de nos montagnes.

Outre ces chroniques qu’elle tiendra pendant 34 ans, elle est l’auteur d’une cinquantaine  d’ouvrages, publiés par son mari, sous le titre de «et légendes dauphinoises», parmi lesquels on peut citer : «Le secret de la Lhauda», «», «petit-fils de Bayard», «perle du Trièves», «de la Charce», «gant  rose»,«seras roi» et le dernier paru: «maison des Îles sur le Drac».

Ecrits dans une langue simple, agréable, ses romans ont pour cadre le Dauphiné, Grenoble, rappelant en toile de fond une époque, un fait historique important ou prenant pour héros ou héroïne un personnage marquant. «seras roi» rappelle la journée des Tuiles de juin 1788 et met en scène Bernadotte, futur roi de Suède. Tous ses livres, qui présentent un grand intérêt, lui valent le surnom de « Walter Scott du Dauphiné » !

Louise Drevet décède le 23 Juillet 1898 à Grenoble. Ses funérailles sont célébrées à l’Église Saint-André devant une assistance nombreuse et distinguée venue honorer et rendre hommage à celle qui a si bien chanté et exalté le Dauphiné.

 

Henriette Deloras – 1901/1941 – Artiste peintre
Née à Grenoble, elle grandit à Corenc où, chaque été, elle côtoie le peintre Jules Flandrin, qui a sa maison familiale à côté de la sienne. De trente années son aîné, il est déjà célèbre. Elle lui montre ses premiers essais et croquis ; il l’encourage à persévérer.

En 1922, elle part à Paris rejoindre Jules Flandrin. Elle se forme au contact des expositions et des musées. Elle aime à «» le zinc de bistrot, l’actrice de music-hall, les bourgeois au théâtre, les marchands des quatre-saisons ou les filles de joies.

Pendant ces années parisiennes, elle expose dans les galeries et les salons, où elle étonnera des peintres de renom. De retour à Grenoble, après son mariage avec Jules Flandrin, elle ne cesse de peindre malgré un mal incurable qui la ronge. Elle n’a pas quarante ans lorsqu’elle meurt le 14 Mars 1941, nous laissant un grand nombre d’œuvres.

 

 

Augustine Gandolfo – 1871/1947 – Dompteuse

Née en 1873 à Vercelli, province de Turin, Augustine Gandolfo est la fille de Joseph et de Joséphine Bertrand, forains.

Ce soir du cinq avril 1891, dernier dimanche de la foire des Rameaux(*), la troupe lyonnaise est à Grenoble.

Augustine, surnommée «», remplace son frère défaillant, pour assurer le spectacle dans la tradition du cirque et entre dans la cage où se trouve «Lydie, la lionne de l’Atlas». Sa carrière de dompteuse s’achèvera à Grenoble ce soir là, comme le raconte cet article de l’époque.

«dimanche 5 avril, la ménagerie Gandolfo était installée sur le champ de foire de Grenoble (*). Son frère étant indisposé, Mlle Rosita Gandolfo, superbe fille de dix-neuf ans, avec des épaules et des bras d’athlète, pénétra, pendant la représentation, dans la cage des fauves pour faire faire à la lionne ses exercices accoutumés.

Soudain, la lionne se fouetta furieusement les flancs de sa queue, et bondit sur la malheureuse dompteuse dont elle étreignit le cou entre ses crocs.

La femme et l’animal roulèrent sur le plancher de la cage. Pendant quelques secondes, ce fut, en présence des spectateurs terrifiés, une lutte corps à corps, indescriptible, écoeurante, inoubliable pour ceux qui en furent les témoins. Aux cris de Rosita, son frère accourut et, à coups de barre de fer, parvint à faire lâcher prise à la lionne.

On retira la dompteuse de la cage et alors on vit l’atroce blessure qui lui cravatait de rouge le cou et la gorge.

Quatre crocs étaient entrés profondément dans les chairs du côté gauche du cou, produisant des lésions très fortes et  perforant le larynx.

Transportée à l’hôpital, l’infortunée jeune fille succombait dans la soirée.»

 

Annonce et croquis parus dans le Progrès illustré, supplément du journal Le Progrès, qui dresse un large panorama des attractions offertes aux badauds, à la vogue du Pont Lafayette à Lyon, en 1892 :

« Voici d’abord la ménagerie Gandolfo où, suivant l’annonce du barnum, vous verrez la terrible lionne du Sahara qui dévora la jeune dompteuse âgée de 18 ans, à la fleur de son âge, telle qu’elle est représentée sur ce tableau …, et c’est son jeune frère, le prince Gandolfo, qui la remplacera ce soir. »

 

Sur la dalle de la tombe de la jeune fille, on peut lire :

Concession à perpétuité / A Augustine Gandolfo / dompteur âgée de 18 ans / décédée le 6 avril 1891

Sépulture offerte à une victime du courage par les voyageurs forains présents à la foire des Rameaux et avec l’aide du syndicat forain et le généreux concours de la population grenobloise. La famille reconnaissante 

 

(*) La foire des Rameaux a été officialisée, sous ce nom, en 1780 par le Conseil de la ville de Grenoble. Elle s’est tenue successivement à l’emplacement du Jardin de ville, cours Saint-André, place Saint-Bruno et depuis 1934 sur l’Esplanade

 

 

Isaure Luzet – 1899/1994 – Résistante,  Juste parmi les Nations

Elle est très jeune quand la famille s’en va chercher fortune en Tunisie, mais le père meurt en 1908, laissant sa fille et sa femme dans la gêne.

Ces dernières viennent alors habiter Grenoble, près de leurs lointains cousins isérois habitant à Corenc, les Flandrin.

Isaure fait ses études de  pharmacie à Paris, elle est l’une des premières femmes de France à obtenir ce diplôme, tout en se consacrant au scoutisme.

Eclaireuse de France, elle a laissé le souvenir d’une cheftaine hors pair.

Vers 1924, elle ouvre à Grenoble, sur le cours Jean-Jaurès, une pharmacie «Le Dragon» avec un appartement juste au-dessus. Les religieuses de la congrégation Notre-Dame-de-Sion fondent à proximité de cette pharmacie une pension privée pour jeunes filles.

Au début de la guerre, Isaure Luzet est enrôlée par la Croix-Rouge. Elle est affectée à un poste de secours contre les bombardements aériens, ce qui lui donne l’autorisation de se déplacer à vélo dans la ville.

Elle apporte aide et protection à de nombreux grenoblois, à des réfugiés et des personnes arrêtées par la police de Vichy ou l’occupant nazi.

La congrégation Notre-Dame-de-Sion de Grenoble, participe au sauvetage de juifs, surtout des filles, qui sont hébergées et dissimulées parmi les autres pensionnaires. Toutes ces filles seront sauvées avec l’aide d’Isaure Luzet. La Mère Magda Zech qui dirige la maison recevra la médaille des Justes.

Isaure Luzet fabrique des faux papiers et conduit des enfants à ses risques et périls vers des familles ou des fermes. Elle a gardé longtemps chez elle une jeune juive que ses parents avaient confiée à Notre Dame de Sion. Elle a également sauvé des adultes en les hébergeant.

Le nom de guerre d’Isaure Luzet est d’abord Dragon, puis Claude. Très sensible aux besoins du maquis, elle réunit pour eux vivres, médicaments et vêtements. Après la guerre, elle est élue conseillère municipale durant le troisième mandat de Léon Martin.

Elle reçoit la médaille des Justes le 9 juin 1988 (dossier n° 3910). Lors de la cérémonie, elle a rappelé sa communauté d’action avec la congrégation de Sion. Elle a obtenu plusieurs autres décorations dont la médaille de la Résistance, la croix du combattant volontaire de la Résistance.

Isaure Luzet est décédée dans sa maison de Corenc le 14 juillet 1994 à l’âge de 96 ans.

 

 

Anne, Camille Perrin Fondatrice des gants Perrin 1812/1886

Fille d’un modeste gantier, Anne Camille Nicolet naît à Grenoble en 1812.

Elle épouse en 1833 Auguste Perrin, notaire à Nantes-en-Rattier puis à La Mure. Ce dernier meurt en 1857 presque ruiné après avoir fait de mauvaises affaires.

Sa veuve a 45 ans quand elle revient à Grenoble avec ses sept enfants. Elle reprend le métier de gantière, exercé pendant sa jeunesse, et son travail soigné lui attire une clientèle fidèle. Sa maison ne cessera de s’agrandir, d’abord avec l’aide de deux de ses enfants, Ferréol puis Paul, qui abandonneront leurs études pour devenir gantiers.

Leur atelier devient en 1860 la Société Vve Perrin, fils & Cie et va migrer dans différents locaux au fur et à mesure de son essor: rue Chenoise, rue du Pont-Saint-James, rue Saint-Laurent et plus tard rue Irvoy.

Paul développe considérablement la société qui essaime hors de Grenoble. Il crée des fabriques à La Mure et à Millau ainsi que des points de vente en Allemagne, Italie, Australie.

En 1869, le troisième fils, Valérien, rejoint la société et va créer une succursale aux Etats-Unis où il restera douze ans. La firme connaît dès lors une renommée mondiale.

En 1878, Anne Perrin se retire des affaires et laisse à  trois de ses fils, le soin de poursuivre l’oeuvre si bien commencée. Elle décède en 1886, victime d’une embolie, à 74 ans.

A la mort de ses frères, Valérien, de retour en France, prend seul la direction de la société. En 1913, il s’associe avec son neveu, Louis Alphonse Douillet (fils d’Elisa) et fonde la société Valisère. Il étend la production sur les gants en tissu puis après la guerre oriente la société vers la lingerie.

En 1935, la société compte plus de 1000 employés. Des usines sont implantées au Brésil et au Maroc.

L’entreprise grenobloise cessera ses activités dans les années 1980 et la marque sera rachetée par la firme brésilienne Triumph.

 

Ernestine Provin – 1863/1919 – Fondatrice des «Charmilles»

Née dans une famille d’ouvriers à Grenoble, Ernestine est orpheline de mère très jeune et la nouvelle épouse de son père se conduit avec elle en marâtre.

Elle entre à 12 ans, dans une ganterie où elle est très choquée par les conversations et les attitudes de ses compagnes de travail. Elle a recours à la prière et se met sous la protection de la Sainte Vierge. Comme beaucoup de jeunes filles à cette époque elle devient gantière à domicile, et le dimanche, elle va aider les religieuses qui soignent les malades.

Elle renonce au mariage et fait voeu de chasteté auprès de l’Abbé Berlioux, curé de Saint-Bruno. Avec son accord, elle commence à accueillir, à partir de 1886, des adolescentes pauvres et en difficulté pour leur donner une formation morale, religieuse et professionnelle.

La communauté s’installe dans une vaste maison avec terrasse et jardin sur les flancs du Rabot. Mais ce lieu devient vite trop petit, la fondation accueillant une soixantaine de jeunes filles.

Un bienfaiteur propose à Ernestine Provin sa Villa Hélène à Saint-Egrève. Le coût de cette habitation étant élevé, le père Charrier et le bon docteur Charles font les avances d’argent nécessaires à Ernestine qui ne paiera que les intérêts annuels. Pour les jeunes filles, c’est un paradis, mais Ernestine estime que la maison est trop éloignée de Grenoble, des commerces et des ganteries.

Une vieille maison abandonnée dans le quartier de la Capuche, le Château des Granges, appartenant à l’Evêché, va retenir son attention.

En 1911, l’acte d’achat est passé et toute la « famille Provin» quitte Saint-Egrève.

Ce nouvel établissement, nommé Les Charmilles, sera animé par une communauté qui n’est pas une congrégation religieuse mais une réunion de femmes, ayant fait voeux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, au service des jeunes filles en situation précaire, qui porteront le nom de Sœurs ouvrières de Notre-Dame du Bon conseil.

Ernestine Provin meurt le 12 février 1919 de la grippe espagnole. Son oeuvre sera dirigée à sa suite par l’Abbé Linossier (1873/1933).

L’institution des Charmilles, gardant toujours son nom,  se transformera en école primaire, puis deviendra l’ensemble d’enseignement actuel, de la maternelle au lycée professionnel. Sa direction est aujourd’hui assurée par l’enseignement catholique du diocèse.